Comparatif Prost, Senna, Schumacher

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Comparatif Prost, Senna, Schumacher

Messagede AxelBorg » Jeu Jan 29, 2009 12:22

Difficile de départager les grands pilotes pour élire le meilleur de tous les temps ... Nuvolari, Fangio, Lauda, Clark, Stewart, Moss, Senna, Alonso, Prost, Schumacher ?
Tentons de départager les trois meilleurs de ces trente dernières années ... Alain Prost, Ayrton Senna et Michael Schumacher. Chacun d’eux a réalisé des exploits de haute volée, il vaut mieux décortiquer pour une fois leurs erreurs respectives.

Alain PROST
Monaco 1982 : en tête en Principauté, le Professeur part en tête-à-queue avec sa Renault et doit abandonner dans les derniers tours, laissant la victoire à Patrese.

Dallas 1984 : l’asphalte surchauffée (60 °C) du circuit texan piège la McLaren Porsche de Prost, qui perd l’adhérence et doit abandonner la victoire à Rosberg.

Portugal 1985 : à la poursuite d’Elio de Angelis (Lotus Renault) sous la pluie d’Estoril, Prost part en toupie en pleine ligne droite, victime de l’aquaplaning.

Saint-Marin 1991 : la Ferrari de Prost sort de la piste dès le tour de formation, alors que l’adhérence du circuit d’Imola est précaire ... Douche froide pour les tifosi.

Brésil 1993 : prenant un tour à Christian Fittipaldi (Minardi), Prost commet une erreur sous la pluie, la Williams Renault part en luge et percute la Minardi. Abandon. Le pace car permet à Senna de triompher devant les aficionados.

Verdict : 5 erreurs en 199 Grands Prix, soit une tous les 39 GP.

Ayrton SENNA

St Marin 1985 : Senna dévoile son panache exceptionnel devant Prost et Alboreto, à Imola. Mais cette année là, les F1 et leurs moteurs turbos sont bridés en terme de consommation (250 litres). Parti sur les chapeaux de roue, Ayrton et sa Lotus Renault tombent en panne sèche dans les derniers tours. Erreur d’inexpérience pour le virtuose Brésilien.

Italie 1987 : leader devant son ennemi et compatriote Piquet, Ayrton commet une erreur dans les derniers tours et cède la victoire à Nelson.

Monaco 1988 : provoqué à distance par Prost, Senna alterne records du tour et tours relativement lents, ce qui altère sa concentration. Malgré une avance colossale de 50 secondes sur son coéquipier, Senna tape le mur au Portier au 67e tour et abandonne piteusement, cède la victoire à un Prost. Seule consolation, le Brésilien peut ruminer sa déception dans son appartement monégasque et échapper aux vautours de la presse.

Italie 1988 : débarrassé de Prost (abandon sur casse moteur), Senna à bord sa McLaren Honda doit gérer sa consommation. Son avance sur les Ferrari de Berger et Alboreto fond comme neige au soleil en fin de course. Au 49e des 51 tours, Senna percute la Williams de Jean-Louis Schlesser à la première chicane de Monza, alors que le Français. La McLaren effectue un bond et casse sa suspension, les tifosi exultent, doublé Ferrari à Monza trois semaines après le décès du fondateur de la marque, Enzo Ferrari.

Grande-Bretagne 1989 : deuxième au départ derrière son équipier et rival Prost, Ayrton prend trop de risque et rate une vitesse à Copse, finissant dans le gravier de Silverstone. Abandon de Senna qui laisse la victoire à un Prost impérial.

Australie 1989 : dauphin de Prost au championnat, Senna entend finir la saison 1989 sur une victoire. Mais il percute Brundle en pleine ligne droite à Adelaïde, alors que le circuit australien est noyé sous une pluie diluvienne. Pour la première fois depuis le 3 juin 1984 à Monaco, Senna est victime des éléments.

Brésil 1990 : prenant un tour à la Tyrrell Honda de son ancien équipier Nakajima, Senna, leader, compte sur son agressivité légendaire et l’effet visuel de son casque jaune pour limiter la perte de temps dans ce dépassement de retardataire. Mais il percute le Japonais et brise son aileron avant. Le ravitaillement qui s’en suit lui coûte une première victoire à domicile ... Suprême humiliation, c’est la Ferrari de Prost qui gagne à Interlagos, devant Gerhard Berger et Senna.

Espagne 1992 : devancé par Mansell et Schumacher sous la pluie de Barcelone, Senna tente de reprendre l’ascendant sur le jeune Allemand. Mais la Benetton Ford se défend à merveille et c’est finalement la McLaren de Senna qui perd le duel. Sortie de piste pour le roi de la pluie face à celui qui le remplacera par la suite dans ce rôle de Rainmaster.

Brésil 1994 : Parti en tête à Interlagos devant Schumi, Ayrton est devancé au ravitaillement par la Benetton Ford, qui accentue petit à petit son avance sur la Williams Renault. Tentant de compenser les défauts de la rétive FW16, qui a perdu l’avantage de la suspension active, Senna part en tête-à-queue et abandonne devant son public consterné, laissant la victoire à Schumi. Conséquence directe, les tribunes d’Interlagos se vident en masse avant même la fin de la course, témoin du prestige de Senna dans son Brésil natal.

Verdict : 10 erreurs en 161 Grands Prix, soit une tous les 16 GP.

Michael SCHUMACHER

Europe 1993 : devancé par Senna au départ à Donington, Schumi ne finit pas la course, victime d’une sortie de piste sur sa Benetton, sous la pluie anglaise.

Australie 1994 : harcelé par Damon Hill depuis le départ, Schumacher vire trop large et tape le rail à Adelaïde. S’en suit la célèbre collision entre la Benetton Ford et la Williams Renault.

St Marin 1995 : Schumi perd le contrôle de la Benetton Renault et cède la victoire à Damon Hill à Imola.

Monaco 1996 : devancé par Hill au départ en Principauté, Schumi tape le rail dès le premier tour au virage du Portier, sous la pluie fine. Le champion du monde ne cherche pas d’excuses et assume la responsabilité de son erreur face à la presse et aux tifosi

Autriche 1998 : à la poursuite de Mika Häkkinen sur le circuit vallonné de Spielberg, Schumi met la pression sur le Finlandais. Mais la McLaren ne vacille pas et c’est la Ferrari qui craque la première. Cette erreur lui coûte la deuxième place, récupérée par la seconde McLaren, celle de David Coulthard.

Japon 1998 : en pole à Suzuka pour l’ultime manche du championnat qu’il joue face à Häkkinen, Schumi sent sa Ferrari chauffer excessivement sur la grille. Impossible de la refroidir. Entamant le tour de formation tambour battant pour soulager son moteur et l’aérer, Schumi donne cependant un indice à son rival finlandais. Derrière, Häkkinen impose un rythme de sénateur au peloton et fait patienter Schumacher sur la grille. Tactique payante puisque le moteur de la F300 cale et Schumi se retrouve dernier sur le circuit japonais, cédant la pole au rusé Finlandais.

Canada 1999 : en tête devant la McLaren de Häkkinen, la Ferrari de Schumi rate la chicane de la voie des stands au trentième tour, tapant le célèbre mur Bienvenue au Québec, comme Villeneuve en 1997. Häkkinen empoche la victoire en terre canadienne et reprend la tête du championnat.

Brésil 2003 : sous le déluge de Sao Paulo, Schumacher patauge et sort de la piste dans la descente suivant le S de Senna, abandonnant. Le début de saison catastrophique de Ferrari met le feu aux poudres, la presse parlant de la fin de l’ère Schumacher ... ce dernier remettra les pendules à l’heure en gagnant son sixième titre.

Chine 2005 : pour le dernier Grand Prix d’une saison à oublier, Schumacher finit la saison par une erreur dans le tour de formation, symbole de cette année 2005 maudite, où il n’a jamais pu rivaliser avec Alonso et Raikkonen, Imola excepté.

Australie 2006 : à la poursuite de Fernando Alonso à Melbourne, Schumacher sort trop large dans la ligne droite des stands. La Ferrari escalade le vibreur et tape le mur. Abandon. Week-end Berezina puisqu’Alonso gagne en Australie.

Hongrie 2006 : la pluie s’abat sur le circuit magyar, et Alonso a abandonné par la faute d’un écrou de roue capricieux sur sa Renault. Schumacher troisième a l’occasion de reprendre beaucoup de points à son rival espagnol. Au lieu d’assurer un résultat, Schumi percute Pedro De La Rosa et finit seulement huitième de la course.


Verdict : 11 erreurs en 249 Grands Prix, soit une tous les 22 GP.

Si l’on prend les chiffres bruts, Prost devance largement Schumacher et Senna ... Mais le pilotage du Français était bien moins risqué que celui de Schumacher et Senna. Difficile donc de donner un vainqueur, cependant Prost pour moi est le pilote le plus fiable des trois, d’autant plus qu’il savait parfaitement économiser les pneus et le moteur ...

(cf mon article sur sportvox du 6/8/2008)
Pour savoir où se trouve la limite, il suffit de la dépasser (Gilles Villeneuve)
AxelBorg
Pilote F.Renault
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Jeu Aoû 21, 2008 12:25
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