L'affaire Ron Dennis-Renault-Elf-Briatore-Minol-Ligier
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L'affaire Ron Dennis-Renault-Elf-Briatore-Minol-Ligier
Possible échange moteur entre Ligier et Benetton
CE nest un secret pour personne, le moteur Renault fait des envieux. Lannée dernière, McLaren avait tenté de se lapproprier par le biais dun rachat de lécurie Ligier. Cette fois, il attise la convoitise de Benetton. Cyril de Rouvre, patron de lécurie Ligier-Gitanes, a reconnu, hier à Suzuka (Japon), avoir noué des contacts avec Flavio Briatore, son homologue de Benetton. « Guy Ligier, avec qui je travaille main dans la main, sest rendu à Londres pour voir Briatore, a-t-il déclaré. Cest normal, Guy connaît tous les rouages de la Formule 1. Certainement mieux que moi. »
Officiellement, selon de Rouvre, « les possibilités daides techniques » ont été abordées. Mais cette aide pourrait prendre la forme dun échange de moteurs, a-t-on appris de bonne source : le Ford V8 gratuit, utilisé par Benetton cette année, contre le moteur Renault V10 payant (70 millions de francs par an) de Ligier. Nignorant pas que, de toute façon, son contrat avec Renault ne sera certainement pas renouvelé en 1995, léquipe française assurerait ainsi son avenir financier. Et Benetton, avec lAllemand Michael Schumacher, pourrait contester le titre mondial à Williams et Ayrton Senna lannée prochaine.
Renault attend, mais ne serait probablement pas hostile à un tel échange. Les dirigeants de la Formule 1, pour leur part, verraient dun bon oeil un duel opposant Senna à Schumacher, Benetton-Renault-Elf à Williams-Renault-Elf en 1994. Celui-ci ayant limmense avantage de garantir le spectacle.
23 octobre 1993.
Privée de son patron, lécurie Ligier redoute ses prochains tours de piste
De notre envoyé spécial à Estoril.
SUR le parking de lhôtel qui jouxte le circuit dEstoril, le camion aux couleurs de Ligier attend que la piste, réservée pour deux jours par lécurie Williams-Renault, soit libérée. Le patron de lécurie, mis en examen pour abus de biens sociaux, est incarcéré à Fleury-Mérogis, mais le travail des techniciens se poursuit. Les mécaniciens ne savent rien, sinon quils ont touché leur salaire, le mois dernier. Ils guettent larrivée dEric Bernard, seul pilote recruté à ce jour, et qui doit tester la monoplace modèle 1993. En attendant la future JS 39 B (JS : initiales de Jo Schlesser, ami de Guy Ligier, mort au volant dune Honda en 1965), qui devrait être équipée du nouveau moteur RS6 de Renault.
Laventure de Ligier, entrepreneur de travaux publics, puis constructeur de voitures sans permis, a commencé dix-sept ans plus tôt. Lors de lengagement de la première Ligier de Formule 1, en 1976, le patron de lécurie, ancien pilier du RC Vichy, a quarante-six ans. Des voitures portant son nom courent déjà depuis six ans, aux 1.000 Kilomètres de Paris ou au Tour de France auto. Vient ensuite la période de gloire de « lécurie bleue ». Jacques Laffite remporte alors la première victoire, au Grand Prix de Suède 1977. Les places dhonneur se succèdent et Laffite est même en course pour le titre mondial en 1979 et en 1980. Les Ligier optiennent la deuxième place de la Coupe des constructeurs en 1980.
Deux ans plus tard, les Ligier entament « les années de transition », avec des résultats sportifs médiocres. Lancien pilote de la Cooper-Maserati reçoit pourtant le soutien financier de plusieurs entreprises publiques (SEITA, Française des jeux, ELF, La Poste...). En 1992, après avoir maintenu, contre vents et marées, une présence française en F1 avec des pilotes aussi prestigieux que Laffite, Depailler et Pironi, Guy Ligier veut passer la main.
Entre-temps, « lépisode Prost » avait occupé le devant de la scène. La saison 1991 sachève sur un divorce entre la Scuderia Ferrari et le pilote français. Lidée dune « écurie France », constituée par le carré Prost-Ligier-Renault-Elf, est lancée. Après moult tractations par avocats interposés, le projet échouera. Le champion de F1, qui savère un redoutable négociateur, exige à la fois le poste de pilote, « animateur » et gestionnaire de lécurie, dont il deviendrait, à terme, le propriétaire. A lépoque, Renault refuse la fourniture gratuite des moteurs, et Guy Ligier napprécie pas quon le pousse à la retraite. Approché par Ron Dennis en septembre 92
McLaren lorgant sur les moteurs Renault - le patron des « Bleus » déclare alors : « Mon écurie nest pas à vendre. ».
Toutefois, dautres négociations se déroulent en coulisse. Cyril de Rouvre, après léchec dune prise de contrôle de Ligier dès 1991, revient à la charge, et lannonce officielle du passage de relais est faite le 25 novembre 1992. « Les choses sont simples, dit alors Guy Ligier, jai trente-sept ans de sports mécaniques derrière moi et je pense quil est temps de tourner la page, dautant plus que, dès nos premières discussions avec Cyril il y a un an, un climat de confiance sest tout de suite installé. » Rouvre, en toute discrétion, avait acquis 20% des actions de la société, Ligier conservant les 80% restant. Quelques mois plus tard, la proportion est inversée, et Cyril de Rouvre devient le repreneur de lécurie, pour une somme estimée à 200 millions de francs, tandis que lancien patron sest recyclé dans le compost.
Lhéritier dune riche famille, propriétaire dune importante société de sucre, est à la tête dune écurie, parmi les mieux loties de la F1. Une usine ultramoderne de 5.000 m2, construite dans la « technopole » de Magny-Cours grâce aux fonds publics, une équipe de 150 personnes, une soufflerie privée. En dépit de toutes ces tractations, Luciano Benetton, déjà propriétaire de lex-écurie Tolemnan, et alléché par la technologie de Renault Sport, sest porté récemment candidat à lacquisition de Ligier. Mais les démêlés juridiques de Cyril de Rouvre ont refroidi les ardeurs du patron italien. De même, Alain Prost et Roger Zannier (patron des vêtements « Z », chaussures Kickers...), face aux investigations judiciaires visant de Rouvre, ont vite renoncé à un rachat de dernière minute... En attendant, Ligier Sports figure sur la liste officielle des engagés du championnat du monde 1994.
PIERRE MICHAUD
l'édition du 22 janvier 1994.
Michael Schumacher, absent du Grand Prix de Formule 1 du Portugal, purgeait hier sa seconde suspens
Michael Schumacher, absent du Grand Prix de Formule 1 du Portugal, purgeait hier sa seconde suspension pour non-respect du drapeau noir. Le pilote allemand, pris dans la tourmente juridico-sportive où se démène Benetton, fait partie de la stratégie de Flavio Briatore, le patron de lécurie.
Tout comme
les publicités provocatrices de la marque, le play boy aux cheveux grisonnants dérange lordre établi de la compétition automobile. Pour le bras droit de Luciano Benetton, la F1 est dabord un business, ainsi quun grand spectacle sportif. Itinéraire.
suivant, Roberto Moreno est congédié en deux heures. Avec le pilote allemand, le manager a adopté une nouvelle stratégie, qui lui réussit : lécurie grandit en même temps que son pilote. « Benetton a fait beaucoup de publicité de provocation, précise Briatore. Avec Michael et la Formule 1, nous faisons une communication plus classique. Cest une image parfaite car il est jeune, il sourit et il gagne. » La ligne Benetton Formula est distribuée dans plus de 120 pays par 7.000 magasins (tous franchisés).
Le play-boy aux cheveux grisonnants a fait ses preuves de dirigeant et dorganisateur. Qui plus est, il savère être un redoutable négociateur. A la FIA (Fédération internationale de lautomobile), on a eu tout loisir de sen rendre compte. Dès la fin 1992, il conteste lautorité de Max Mosley, le président de la FIA, en refusant de signer le projet de règlement technique. Cette année, deux semaines après le Grand Prix de Monaco, où furent prises les nouvelles mesures de sécurité consécutives aux drames vécus à Imola, il prend la tête de la « grève » des patrons de la F1. En contestant certaines dispositions du règlement, il remet en cause lautorité de la FIA et réussit à entraîner plusieurs patrons décurie. Les essais du Grand Prix dEspagne sont boycottés par la plupart des équipes mais, en définitive, un compromis est trouvé avec la FIA. Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1, fait quelques concessions (de pure forme) et la course a bien lieu. Briatore mesure les limites de la contestation et sait parfaitement quil ne peut scier la branche sur laquelle il est assis : le principal moteur du grand show automobile, cest dabord, pour Briatore, largent.
Car le « boss » de la marque anglo-italienne nest pas seulement un innovateur du marketing, il est aussi un affairiste gourmand. En six ans, lentreprise de Travignano est passée du stade de sponsor discret (avec Tyrrell en 1983) au statut de constructeur à part entière, et même en situation de domination. Les spécialistes affirment-ils que le V 10 Renault est le meilleur moteur de F1 ? Briatore se met aussitôt en chasse : dès 1990, il multiplie les contacts avec la Régie, qui fournira pourtant deux ans plus tard ses moteurs à Ligier. Il en faut plus pour décourager le tenace négociateur.
Toujours
à la limite...
En 1992, Ron Dennis tente une OPA sur lécurie française, afin de récupérer le V 10. Peine perdue, car lannée suivante, Elf décide de soutenir le team anglo-italien (le pétrolier français a racheté Minol, distributeur de lex-RDA, afin de bénéficier de limage de Schumacher en Allemagne). Lhiver dernier, les négociations se multiplient entre Briatore et Renault, dune part, et les vendeurs, dautre part. Cest ainsi quil rencontre Michel Bonnet, directeur commercial de Elf, Jean-Dominique Comolli, président de la SEITA, et Bertrand Gallé, président de la Française des jeux, tous sponsors dEtat. Les transactions seffectuent par lintermédiaire de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget. La Française des jeux, liée par contrat jusquà fin 1995, donne 95 millions de francs par an à Ligier pour... ne pas apparaître ! Au printemps, Ligier est devenu la propriété de Benetton, situation qui soulève un problème grave : un seul patron pour plusieurs écuries, ce qui donne des idées aux autres teams. Ron Dennis lorgne sur Lotus et, à ce stade, pourquoi Williams nachèterait-il pas Jordan et, Ferrari, Tyrrell ? Benetton a obtenu de Renault un statut de partenariat identique à celui de Williams, tandis que Ligier est à la recherche dun moteur...
Toutes les « affaires » et les démêlés Benetton-FIA, loin de ternir son image, sont en fait intégrés dans le système de provocation de la marque. La conformité technique des B 194 est mise en question (relaxe au bénéfice du doute), mais cette contradiction est gérée de la même manière que celle des publicités, toujours à la limite. Au fond, pour le groupe Benetton, défier le pouvoir de Mosley et Ecclestone par une interprétation personnelle des règlements relève de la même démarche qui consiste à afficher un homme mourant du SIDA ou un baiser entre une nonne et un prêtre. Un jeu dangereux qui se veut efficace. Jusquà quand ?
PIERRE MICHAUD
26 septembre 1994.
Hier durant la première séance dessais qualificatifs du Grand Prix dEspagne, la Ligier JS 41 arborait un message : « Fabriqué en France », au dos de son aileron arrière. Il est vrai que lécurie rachetée par Flavio Briatore, le patron de Benetton Sport System, assemble - pour combien de temps encore ? - ses monoplaces à Magny-Cours (Nièvre). Mais le moteur, le chassis, la boite... sont fabriqués à létranger.
MAGNY-COURS.
Avril 1993, Guy Ligier, fatigué, passe la main. Après lintermède Cyril de Rouvre, la direction de lécurie subit un remaniement total. Flavio Briatore, lhomme de confiance de Luciano Benetton, et Tom Walkinshaw, qui possède plusieurs ateliers en Angleterre, se partagent la propriété de lécurie « française » (plus de 80% des actions à eux deux). Frank Dernie dirige la division technique et le directeur sportif est un ancien de Lancia, puis Ferrari, Cesare Fiorio.
En début de saison, la plus ancienne écurie française avait convié la presse nationale, en présence du président de la Fédération internationale de lautomobile, Max Mosley soi-même. Elle avait mis les petits plats dans les grands, sorti Guy Ligier de sa retraite, et tenté de nous convaincre que Ligier resterait dans la Nièvre. « A lexception de quelques composants (sic), je suis fier de dire que la JS 41 sera produite à 100% chez Ligier-Sports. Ligier reste ici », nous affirmait, avec des trémolos dans la voix, Flavio Briatore à Magny-Cours le 15 février dernier. Le 2 juillet prochain, lécurie Ligier salignera pour sa 300e participation en Grand Prix, et fêtera son 20e anniversaire.
Mais après ? Plusieurs de nos confrères britanniques affirment que les ateliers de Magny-Cours seront transférés dans lun des ateliers de Tom Walkinshaw. La logique du « système Benetton » (Benetton Formula One fait des bénéfices) ne peut que renforcer cette version, dautant plus que le patron de Michael Schumacher finance partiellement une autre écurie britannique, Simtek.
LES SPONSORS.
Soyons justes, Ligier est bien une équipe française. En tout cas, elle porte la couleur nationale, le bleu, qui est dailleurs aussi celle de Gitanes. Depuis plus de dix ans, les entreprises publiques (à lépoque) ont porté à bout de bras lécurie dans le giron de la F1. La Régie Renault, ELF, le Loto sportif, la SEITA... La Française des jeux dabord, qui offre cette particularité de payer quarante millions de francs (cette année) pour que son nom... napparaisse pas sur les monoplaces ! Les contrats arrivant à échéance à la fin de cette saison, on peut annoncer sans risque derreur que la rupture entre le Loto et les voitures aux multiples « années de transition » est consommée.
Quant au pétrolier, récemment privatisé, ses nouveaux actionnaires pourraient bien remettre en cause sa fidélité inconditionnelle - et substantielle. ELF, qui fournit du carburant à sept écuries de F1, devrait toutefois poursuivre son soutien, mais sensiblement revu à la baisse. De plus, sa position lui permettait de placer des pilotes issus de sa « filière », à linstar dOlivier Panis. Quant à la SEITA, privatisée aussi, sa présence en F1 sera sans doute confirmée, les sports mécaniques restant lun des derniers créneaux (hors France) où les publicités en faveur du tabac sont les bienvenues. Mais les nouveaux patrons ont les yeux rivés sur les résultats dun « team » qui na pas gagné un Grand Prix depuis 1981. Rien nempêche la société privée de choisir une marque moins chère (90 millions de francs) ou au palmarès plus étoffé, sans compter que si les ateliers sont effectivement transférés en Angleterre, le lien entre les cigarettes françaises et lécurie seffacera rapidement des mémoires. Guy Ligier, qui possède environ 10% des actions de la marque qui garde encore son nom, prétend sopposer au départ du Nivernais de la marque quil a fondée. Son poids paraît toutefois bien faible face au patron de deux écuries, et qui a par ailleurs les meilleures relations avec Max Mosley.
LA TECHNIQUE.
Renault ayant choisi déquiper (fourniture gratuite des moteurs) Williams et Benetton, les Ligier ont hérité dun moteur japonais. Basée en Suisse, Mugen, filiale à 100% de Honda, est dirigée par le propre fils du créateur de la firme nipponne. Lobjectif du constructeur plusieurs fois champion du monde est dopérer un retour discret en Formule 1. Parmi les « quelques composants » dont parlait Briatore, notons pêle-mêle les roues, les suspensions, la direction... et surtout la boîte de vitesses, entièrement ***çue et réalisée par Benetton.
Le châssis est un « composant » déterminant sur une machine moderne (Senna et Prost affirmaient quil comptait pour 30% dans les performances). Toute ressemblance entre une Ligier et une Benetton ne peut être que fortuite, selon la version officielle. Cependant, Frank Dernie, le nouveau directeur technique travaillait auparavant... chez Benetton et, même si le soutien technique de la maison mère nest pas reconnu, linfluence des techniques réalisées dans les ateliers de lOxfordshire est flagrant.
Au fil des tours de circuits, les stickers « Powered by Honda » ou « Concept by Benetton » rendront caduc le logo « Fabriqué en France ».
PIERRE MICHAUD
l'édition du 13 mai 1995.
RENAULT DE RETOUR AU PADDOCK
Le constructeur français se lance dans un nouveau défi : gagner en F1 avec une voiture de sa conception.
La marque au losange a conclu hier le rachat de lécurie Benetton pour un montant de 800 millions de francs afin de préparer son retour à partir de 2002.
Depuis un certain temps la rumeur courait que Renault préparait son grand retour en Formule 1. Hier après-midi, lors dune conférence de presse annoncée au dernier moment, Patrick Faure, directeur général de Renault Sport, na pas prolongé le suspense. Après deux années de veille technologique, la marque au losange a décidé de renouer avec la compétition et ce à partir de 2002. Si lofficialisation de cette information, qui était devenue un secret de polichinelle depuis la reprise du championnat du monde le week-end dernier, na surpris personne, en revanche le doute planait quant à linvestissement réel du constructeur français. Renault a conclu mercredi soir le rachat de la société Benetton UK, détentrice des actions de Benetton Formula Limited pour un montant de 120 millions de dollars (environ 800 millions de francs).
Après avoir dominé de 1992 à 1997 la Formule 1 en tant que motoriste (six titres mondiaux " constructeurs " et cinq titres mondiaux " pilotes "), Renault se lance un nouveau défi : remporter le championnat du monde de F1 avec une monoplace de sa conception. Au fil de vingt saisons en Formule 1, Renault sest forgé un palmarès exceptionnel avec onze titres et pas moins de quatre-vingt-quinze victoires. La marque française est avec Honda, le constructeur qui a le plus marqué les deux dernières décennies du sport automobile. " Cest le dernier défi que nous pouvions relever, car Renault a tout gagné, souligne Patrick Faure. Nous avons donc choisi de partir à la conquête de la couronne qui manque aujourdhui à notre palmarès. Cest ambitieux, mais nous ne partons pas de zéro, le potentiel technique existe dans le domaine des châssis dans celui des moteurs et nous allons le renforcer. La Formule 1 constitue un formidable aiguillon pour que les hommes se dépassent. "
Lors de la conquête de son troisième titre de champion du monde des constructeurs en 1995, le motoriste français était associé avec Benetton, dont le directeur général nétait autre que Flavio Briatore. Parti sous dautres cieux, en loccurrence Supertec qui appartient à... Renault, lItalien na donc jamais cessé de collaborer avec la firme française, mais mieux encore il a toujours gardé un pied en Formule 1 puisque Supertec a équipé des écuries comme Williams, Benetton, BAR et cette saison Arrows. Chez Renault on joue la prudence et lhumilité en faisant remarquer que le retour nest prévu que dans deux ans et que cette période sera transitoire. En attendant, lécurie Benetton qui dispute en ce moment même le championnat du monde va garder son identité et il nest pas question de révolution. De même, les V10 Supertec continueront déquiper Benetton jusquà fin 2001. Ce nest que la saison suivante que Renault fera son retour de manière visible avec une monoplace à ses couleurs et un changement total didentité. " Vous imaginez bien que si nous revenons en Formule 1, ce nest pas pour faire de la figuration. Si la réglementation actuelle en matière de moteurs interdit pour lheure toute rupture technologique, nous avons par contre beaucoup didées sur la manière daméliorer la puissance et la souplesse dun moteur V10. Toute fois, nous allons sortir un "joker", afin de ne pas donner darmes à nos futurs concurrents ", explique Patrick Faure.
Parmi les pilotes célèbres qui se sont illustrés avec un moteur Renault, on retiendra Alain Prost qui travaille aujourdhui avec lautre motoriste français, Peugeot. Lannonce de larrivée de son concurrent de toujours intervient alors même que la discorde entre la marque au Lion et le quadruple champion du monde est de notoriété publique. En effet, on parle de plus en plus dun retrait de Peugeot à la fin de la saison. Un chassé-croisé qui ne devrait donc pas permettre dobserver un match indirect entre les deux grands constructeurs tricolores.
Nicolas Guillermin
17 mars 2000.
Qu'en pensez vous.

CE nest un secret pour personne, le moteur Renault fait des envieux. Lannée dernière, McLaren avait tenté de se lapproprier par le biais dun rachat de lécurie Ligier. Cette fois, il attise la convoitise de Benetton. Cyril de Rouvre, patron de lécurie Ligier-Gitanes, a reconnu, hier à Suzuka (Japon), avoir noué des contacts avec Flavio Briatore, son homologue de Benetton. « Guy Ligier, avec qui je travaille main dans la main, sest rendu à Londres pour voir Briatore, a-t-il déclaré. Cest normal, Guy connaît tous les rouages de la Formule 1. Certainement mieux que moi. »
Officiellement, selon de Rouvre, « les possibilités daides techniques » ont été abordées. Mais cette aide pourrait prendre la forme dun échange de moteurs, a-t-on appris de bonne source : le Ford V8 gratuit, utilisé par Benetton cette année, contre le moteur Renault V10 payant (70 millions de francs par an) de Ligier. Nignorant pas que, de toute façon, son contrat avec Renault ne sera certainement pas renouvelé en 1995, léquipe française assurerait ainsi son avenir financier. Et Benetton, avec lAllemand Michael Schumacher, pourrait contester le titre mondial à Williams et Ayrton Senna lannée prochaine.
Renault attend, mais ne serait probablement pas hostile à un tel échange. Les dirigeants de la Formule 1, pour leur part, verraient dun bon oeil un duel opposant Senna à Schumacher, Benetton-Renault-Elf à Williams-Renault-Elf en 1994. Celui-ci ayant limmense avantage de garantir le spectacle.
23 octobre 1993.
Privée de son patron, lécurie Ligier redoute ses prochains tours de piste
De notre envoyé spécial à Estoril.
SUR le parking de lhôtel qui jouxte le circuit dEstoril, le camion aux couleurs de Ligier attend que la piste, réservée pour deux jours par lécurie Williams-Renault, soit libérée. Le patron de lécurie, mis en examen pour abus de biens sociaux, est incarcéré à Fleury-Mérogis, mais le travail des techniciens se poursuit. Les mécaniciens ne savent rien, sinon quils ont touché leur salaire, le mois dernier. Ils guettent larrivée dEric Bernard, seul pilote recruté à ce jour, et qui doit tester la monoplace modèle 1993. En attendant la future JS 39 B (JS : initiales de Jo Schlesser, ami de Guy Ligier, mort au volant dune Honda en 1965), qui devrait être équipée du nouveau moteur RS6 de Renault.
Laventure de Ligier, entrepreneur de travaux publics, puis constructeur de voitures sans permis, a commencé dix-sept ans plus tôt. Lors de lengagement de la première Ligier de Formule 1, en 1976, le patron de lécurie, ancien pilier du RC Vichy, a quarante-six ans. Des voitures portant son nom courent déjà depuis six ans, aux 1.000 Kilomètres de Paris ou au Tour de France auto. Vient ensuite la période de gloire de « lécurie bleue ». Jacques Laffite remporte alors la première victoire, au Grand Prix de Suède 1977. Les places dhonneur se succèdent et Laffite est même en course pour le titre mondial en 1979 et en 1980. Les Ligier optiennent la deuxième place de la Coupe des constructeurs en 1980.
Deux ans plus tard, les Ligier entament « les années de transition », avec des résultats sportifs médiocres. Lancien pilote de la Cooper-Maserati reçoit pourtant le soutien financier de plusieurs entreprises publiques (SEITA, Française des jeux, ELF, La Poste...). En 1992, après avoir maintenu, contre vents et marées, une présence française en F1 avec des pilotes aussi prestigieux que Laffite, Depailler et Pironi, Guy Ligier veut passer la main.
Entre-temps, « lépisode Prost » avait occupé le devant de la scène. La saison 1991 sachève sur un divorce entre la Scuderia Ferrari et le pilote français. Lidée dune « écurie France », constituée par le carré Prost-Ligier-Renault-Elf, est lancée. Après moult tractations par avocats interposés, le projet échouera. Le champion de F1, qui savère un redoutable négociateur, exige à la fois le poste de pilote, « animateur » et gestionnaire de lécurie, dont il deviendrait, à terme, le propriétaire. A lépoque, Renault refuse la fourniture gratuite des moteurs, et Guy Ligier napprécie pas quon le pousse à la retraite. Approché par Ron Dennis en septembre 92
McLaren lorgant sur les moteurs Renault - le patron des « Bleus » déclare alors : « Mon écurie nest pas à vendre. ».
Toutefois, dautres négociations se déroulent en coulisse. Cyril de Rouvre, après léchec dune prise de contrôle de Ligier dès 1991, revient à la charge, et lannonce officielle du passage de relais est faite le 25 novembre 1992. « Les choses sont simples, dit alors Guy Ligier, jai trente-sept ans de sports mécaniques derrière moi et je pense quil est temps de tourner la page, dautant plus que, dès nos premières discussions avec Cyril il y a un an, un climat de confiance sest tout de suite installé. » Rouvre, en toute discrétion, avait acquis 20% des actions de la société, Ligier conservant les 80% restant. Quelques mois plus tard, la proportion est inversée, et Cyril de Rouvre devient le repreneur de lécurie, pour une somme estimée à 200 millions de francs, tandis que lancien patron sest recyclé dans le compost.
Lhéritier dune riche famille, propriétaire dune importante société de sucre, est à la tête dune écurie, parmi les mieux loties de la F1. Une usine ultramoderne de 5.000 m2, construite dans la « technopole » de Magny-Cours grâce aux fonds publics, une équipe de 150 personnes, une soufflerie privée. En dépit de toutes ces tractations, Luciano Benetton, déjà propriétaire de lex-écurie Tolemnan, et alléché par la technologie de Renault Sport, sest porté récemment candidat à lacquisition de Ligier. Mais les démêlés juridiques de Cyril de Rouvre ont refroidi les ardeurs du patron italien. De même, Alain Prost et Roger Zannier (patron des vêtements « Z », chaussures Kickers...), face aux investigations judiciaires visant de Rouvre, ont vite renoncé à un rachat de dernière minute... En attendant, Ligier Sports figure sur la liste officielle des engagés du championnat du monde 1994.
PIERRE MICHAUD
l'édition du 22 janvier 1994.
Michael Schumacher, absent du Grand Prix de Formule 1 du Portugal, purgeait hier sa seconde suspens
Michael Schumacher, absent du Grand Prix de Formule 1 du Portugal, purgeait hier sa seconde suspension pour non-respect du drapeau noir. Le pilote allemand, pris dans la tourmente juridico-sportive où se démène Benetton, fait partie de la stratégie de Flavio Briatore, le patron de lécurie.
Tout comme
les publicités provocatrices de la marque, le play boy aux cheveux grisonnants dérange lordre établi de la compétition automobile. Pour le bras droit de Luciano Benetton, la F1 est dabord un business, ainsi quun grand spectacle sportif. Itinéraire.
suivant, Roberto Moreno est congédié en deux heures. Avec le pilote allemand, le manager a adopté une nouvelle stratégie, qui lui réussit : lécurie grandit en même temps que son pilote. « Benetton a fait beaucoup de publicité de provocation, précise Briatore. Avec Michael et la Formule 1, nous faisons une communication plus classique. Cest une image parfaite car il est jeune, il sourit et il gagne. » La ligne Benetton Formula est distribuée dans plus de 120 pays par 7.000 magasins (tous franchisés).
Le play-boy aux cheveux grisonnants a fait ses preuves de dirigeant et dorganisateur. Qui plus est, il savère être un redoutable négociateur. A la FIA (Fédération internationale de lautomobile), on a eu tout loisir de sen rendre compte. Dès la fin 1992, il conteste lautorité de Max Mosley, le président de la FIA, en refusant de signer le projet de règlement technique. Cette année, deux semaines après le Grand Prix de Monaco, où furent prises les nouvelles mesures de sécurité consécutives aux drames vécus à Imola, il prend la tête de la « grève » des patrons de la F1. En contestant certaines dispositions du règlement, il remet en cause lautorité de la FIA et réussit à entraîner plusieurs patrons décurie. Les essais du Grand Prix dEspagne sont boycottés par la plupart des équipes mais, en définitive, un compromis est trouvé avec la FIA. Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1, fait quelques concessions (de pure forme) et la course a bien lieu. Briatore mesure les limites de la contestation et sait parfaitement quil ne peut scier la branche sur laquelle il est assis : le principal moteur du grand show automobile, cest dabord, pour Briatore, largent.
Car le « boss » de la marque anglo-italienne nest pas seulement un innovateur du marketing, il est aussi un affairiste gourmand. En six ans, lentreprise de Travignano est passée du stade de sponsor discret (avec Tyrrell en 1983) au statut de constructeur à part entière, et même en situation de domination. Les spécialistes affirment-ils que le V 10 Renault est le meilleur moteur de F1 ? Briatore se met aussitôt en chasse : dès 1990, il multiplie les contacts avec la Régie, qui fournira pourtant deux ans plus tard ses moteurs à Ligier. Il en faut plus pour décourager le tenace négociateur.
Toujours
à la limite...
En 1992, Ron Dennis tente une OPA sur lécurie française, afin de récupérer le V 10. Peine perdue, car lannée suivante, Elf décide de soutenir le team anglo-italien (le pétrolier français a racheté Minol, distributeur de lex-RDA, afin de bénéficier de limage de Schumacher en Allemagne). Lhiver dernier, les négociations se multiplient entre Briatore et Renault, dune part, et les vendeurs, dautre part. Cest ainsi quil rencontre Michel Bonnet, directeur commercial de Elf, Jean-Dominique Comolli, président de la SEITA, et Bertrand Gallé, président de la Française des jeux, tous sponsors dEtat. Les transactions seffectuent par lintermédiaire de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget. La Française des jeux, liée par contrat jusquà fin 1995, donne 95 millions de francs par an à Ligier pour... ne pas apparaître ! Au printemps, Ligier est devenu la propriété de Benetton, situation qui soulève un problème grave : un seul patron pour plusieurs écuries, ce qui donne des idées aux autres teams. Ron Dennis lorgne sur Lotus et, à ce stade, pourquoi Williams nachèterait-il pas Jordan et, Ferrari, Tyrrell ? Benetton a obtenu de Renault un statut de partenariat identique à celui de Williams, tandis que Ligier est à la recherche dun moteur...
Toutes les « affaires » et les démêlés Benetton-FIA, loin de ternir son image, sont en fait intégrés dans le système de provocation de la marque. La conformité technique des B 194 est mise en question (relaxe au bénéfice du doute), mais cette contradiction est gérée de la même manière que celle des publicités, toujours à la limite. Au fond, pour le groupe Benetton, défier le pouvoir de Mosley et Ecclestone par une interprétation personnelle des règlements relève de la même démarche qui consiste à afficher un homme mourant du SIDA ou un baiser entre une nonne et un prêtre. Un jeu dangereux qui se veut efficace. Jusquà quand ?
PIERRE MICHAUD
26 septembre 1994.
Hier durant la première séance dessais qualificatifs du Grand Prix dEspagne, la Ligier JS 41 arborait un message : « Fabriqué en France », au dos de son aileron arrière. Il est vrai que lécurie rachetée par Flavio Briatore, le patron de Benetton Sport System, assemble - pour combien de temps encore ? - ses monoplaces à Magny-Cours (Nièvre). Mais le moteur, le chassis, la boite... sont fabriqués à létranger.
MAGNY-COURS.
Avril 1993, Guy Ligier, fatigué, passe la main. Après lintermède Cyril de Rouvre, la direction de lécurie subit un remaniement total. Flavio Briatore, lhomme de confiance de Luciano Benetton, et Tom Walkinshaw, qui possède plusieurs ateliers en Angleterre, se partagent la propriété de lécurie « française » (plus de 80% des actions à eux deux). Frank Dernie dirige la division technique et le directeur sportif est un ancien de Lancia, puis Ferrari, Cesare Fiorio.
En début de saison, la plus ancienne écurie française avait convié la presse nationale, en présence du président de la Fédération internationale de lautomobile, Max Mosley soi-même. Elle avait mis les petits plats dans les grands, sorti Guy Ligier de sa retraite, et tenté de nous convaincre que Ligier resterait dans la Nièvre. « A lexception de quelques composants (sic), je suis fier de dire que la JS 41 sera produite à 100% chez Ligier-Sports. Ligier reste ici », nous affirmait, avec des trémolos dans la voix, Flavio Briatore à Magny-Cours le 15 février dernier. Le 2 juillet prochain, lécurie Ligier salignera pour sa 300e participation en Grand Prix, et fêtera son 20e anniversaire.
Mais après ? Plusieurs de nos confrères britanniques affirment que les ateliers de Magny-Cours seront transférés dans lun des ateliers de Tom Walkinshaw. La logique du « système Benetton » (Benetton Formula One fait des bénéfices) ne peut que renforcer cette version, dautant plus que le patron de Michael Schumacher finance partiellement une autre écurie britannique, Simtek.
LES SPONSORS.
Soyons justes, Ligier est bien une équipe française. En tout cas, elle porte la couleur nationale, le bleu, qui est dailleurs aussi celle de Gitanes. Depuis plus de dix ans, les entreprises publiques (à lépoque) ont porté à bout de bras lécurie dans le giron de la F1. La Régie Renault, ELF, le Loto sportif, la SEITA... La Française des jeux dabord, qui offre cette particularité de payer quarante millions de francs (cette année) pour que son nom... napparaisse pas sur les monoplaces ! Les contrats arrivant à échéance à la fin de cette saison, on peut annoncer sans risque derreur que la rupture entre le Loto et les voitures aux multiples « années de transition » est consommée.
Quant au pétrolier, récemment privatisé, ses nouveaux actionnaires pourraient bien remettre en cause sa fidélité inconditionnelle - et substantielle. ELF, qui fournit du carburant à sept écuries de F1, devrait toutefois poursuivre son soutien, mais sensiblement revu à la baisse. De plus, sa position lui permettait de placer des pilotes issus de sa « filière », à linstar dOlivier Panis. Quant à la SEITA, privatisée aussi, sa présence en F1 sera sans doute confirmée, les sports mécaniques restant lun des derniers créneaux (hors France) où les publicités en faveur du tabac sont les bienvenues. Mais les nouveaux patrons ont les yeux rivés sur les résultats dun « team » qui na pas gagné un Grand Prix depuis 1981. Rien nempêche la société privée de choisir une marque moins chère (90 millions de francs) ou au palmarès plus étoffé, sans compter que si les ateliers sont effectivement transférés en Angleterre, le lien entre les cigarettes françaises et lécurie seffacera rapidement des mémoires. Guy Ligier, qui possède environ 10% des actions de la marque qui garde encore son nom, prétend sopposer au départ du Nivernais de la marque quil a fondée. Son poids paraît toutefois bien faible face au patron de deux écuries, et qui a par ailleurs les meilleures relations avec Max Mosley.
LA TECHNIQUE.
Renault ayant choisi déquiper (fourniture gratuite des moteurs) Williams et Benetton, les Ligier ont hérité dun moteur japonais. Basée en Suisse, Mugen, filiale à 100% de Honda, est dirigée par le propre fils du créateur de la firme nipponne. Lobjectif du constructeur plusieurs fois champion du monde est dopérer un retour discret en Formule 1. Parmi les « quelques composants » dont parlait Briatore, notons pêle-mêle les roues, les suspensions, la direction... et surtout la boîte de vitesses, entièrement ***çue et réalisée par Benetton.
Le châssis est un « composant » déterminant sur une machine moderne (Senna et Prost affirmaient quil comptait pour 30% dans les performances). Toute ressemblance entre une Ligier et une Benetton ne peut être que fortuite, selon la version officielle. Cependant, Frank Dernie, le nouveau directeur technique travaillait auparavant... chez Benetton et, même si le soutien technique de la maison mère nest pas reconnu, linfluence des techniques réalisées dans les ateliers de lOxfordshire est flagrant.
Au fil des tours de circuits, les stickers « Powered by Honda » ou « Concept by Benetton » rendront caduc le logo « Fabriqué en France ».
PIERRE MICHAUD
l'édition du 13 mai 1995.
RENAULT DE RETOUR AU PADDOCK
Le constructeur français se lance dans un nouveau défi : gagner en F1 avec une voiture de sa conception.
La marque au losange a conclu hier le rachat de lécurie Benetton pour un montant de 800 millions de francs afin de préparer son retour à partir de 2002.
Depuis un certain temps la rumeur courait que Renault préparait son grand retour en Formule 1. Hier après-midi, lors dune conférence de presse annoncée au dernier moment, Patrick Faure, directeur général de Renault Sport, na pas prolongé le suspense. Après deux années de veille technologique, la marque au losange a décidé de renouer avec la compétition et ce à partir de 2002. Si lofficialisation de cette information, qui était devenue un secret de polichinelle depuis la reprise du championnat du monde le week-end dernier, na surpris personne, en revanche le doute planait quant à linvestissement réel du constructeur français. Renault a conclu mercredi soir le rachat de la société Benetton UK, détentrice des actions de Benetton Formula Limited pour un montant de 120 millions de dollars (environ 800 millions de francs).
Après avoir dominé de 1992 à 1997 la Formule 1 en tant que motoriste (six titres mondiaux " constructeurs " et cinq titres mondiaux " pilotes "), Renault se lance un nouveau défi : remporter le championnat du monde de F1 avec une monoplace de sa conception. Au fil de vingt saisons en Formule 1, Renault sest forgé un palmarès exceptionnel avec onze titres et pas moins de quatre-vingt-quinze victoires. La marque française est avec Honda, le constructeur qui a le plus marqué les deux dernières décennies du sport automobile. " Cest le dernier défi que nous pouvions relever, car Renault a tout gagné, souligne Patrick Faure. Nous avons donc choisi de partir à la conquête de la couronne qui manque aujourdhui à notre palmarès. Cest ambitieux, mais nous ne partons pas de zéro, le potentiel technique existe dans le domaine des châssis dans celui des moteurs et nous allons le renforcer. La Formule 1 constitue un formidable aiguillon pour que les hommes se dépassent. "
Lors de la conquête de son troisième titre de champion du monde des constructeurs en 1995, le motoriste français était associé avec Benetton, dont le directeur général nétait autre que Flavio Briatore. Parti sous dautres cieux, en loccurrence Supertec qui appartient à... Renault, lItalien na donc jamais cessé de collaborer avec la firme française, mais mieux encore il a toujours gardé un pied en Formule 1 puisque Supertec a équipé des écuries comme Williams, Benetton, BAR et cette saison Arrows. Chez Renault on joue la prudence et lhumilité en faisant remarquer que le retour nest prévu que dans deux ans et que cette période sera transitoire. En attendant, lécurie Benetton qui dispute en ce moment même le championnat du monde va garder son identité et il nest pas question de révolution. De même, les V10 Supertec continueront déquiper Benetton jusquà fin 2001. Ce nest que la saison suivante que Renault fera son retour de manière visible avec une monoplace à ses couleurs et un changement total didentité. " Vous imaginez bien que si nous revenons en Formule 1, ce nest pas pour faire de la figuration. Si la réglementation actuelle en matière de moteurs interdit pour lheure toute rupture technologique, nous avons par contre beaucoup didées sur la manière daméliorer la puissance et la souplesse dun moteur V10. Toute fois, nous allons sortir un "joker", afin de ne pas donner darmes à nos futurs concurrents ", explique Patrick Faure.
Parmi les pilotes célèbres qui se sont illustrés avec un moteur Renault, on retiendra Alain Prost qui travaille aujourdhui avec lautre motoriste français, Peugeot. Lannonce de larrivée de son concurrent de toujours intervient alors même que la discorde entre la marque au Lion et le quadruple champion du monde est de notoriété publique. En effet, on parle de plus en plus dun retrait de Peugeot à la fin de la saison. Un chassé-croisé qui ne devrait donc pas permettre dobserver un match indirect entre les deux grands constructeurs tricolores.
Nicolas Guillermin
17 mars 2000.
Qu'en pensez vous.

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big one - Champion de F1

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Mer Fév 01, 2006 18:01
Un résumé par definiton résume.
Connaître l'INTEGRALITE de l'histoire vaut donc bien mieux...
Oui Briatore a racheté Ligier pour pouvoir mettre le V10 Renault (le meilleur) dans son autre écurie, Benetton.
benetton qui avait d'ailleurs deja racheté ne équipe avant Toleman je me souviens plus du nom.
) et avait du coup placé les Pirelli (plus adapté a la B186) de cette équipe sur la monoplace Benetton officielle (l'ancienne Toleman) et délaissant complétement l'ancienne écurie.
D'ailleurs on sait ce qu'il adviendra de Ligier peu après....
Ca nous ramène un peu aux "affaires" SA et TR mais malheureusement dans l'autre sens.
C'est discutable pour TR et SA dans le sens ou bon, faire courir (en F1 moderne, je parle) la monoplace a peine modifiée d'une autre équipe de l'an précédent aux dépens d'adversaires qui ont du mal a boucler leurs budgets, ca passe mal....
Connaître l'INTEGRALITE de l'histoire vaut donc bien mieux...
Oui Briatore a racheté Ligier pour pouvoir mettre le V10 Renault (le meilleur) dans son autre écurie, Benetton.
benetton qui avait d'ailleurs deja racheté ne équipe avant Toleman je me souviens plus du nom.
D'ailleurs on sait ce qu'il adviendra de Ligier peu après....
Ca nous ramène un peu aux "affaires" SA et TR mais malheureusement dans l'autre sens.
C'est discutable pour TR et SA dans le sens ou bon, faire courir (en F1 moderne, je parle) la monoplace a peine modifiée d'une autre équipe de l'an précédent aux dépens d'adversaires qui ont du mal a boucler leurs budgets, ca passe mal....
Ceci n'est pas une signature.
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jojo la patate - Modérateur

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Jeu Jan 26, 2006 14:18 - à: Nulle part
Pourquoi, parce que c'est pas trop ça quand même l'essence du sport auto.
A la base on doit fabriquer son propre matos d'ecurie pour parvenir a gagner, pas racheter un modele ancien et le faire recourir et ce , en + presque sans retouches.(Et aussi parce que la ya plus d'ecurie tout simplement)
Et puis ca lèse vachement Spyker qui se bouge pour fabriquer ses propres chassis itou, sans avoir les memes moyens...
A la base on doit fabriquer son propre matos d'ecurie pour parvenir a gagner, pas racheter un modele ancien et le faire recourir et ce , en + presque sans retouches.(Et aussi parce que la ya plus d'ecurie tout simplement)
Et puis ca lèse vachement Spyker qui se bouge pour fabriquer ses propres chassis itou, sans avoir les memes moyens...
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jojo la patate - Modérateur

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Jeu Jan 26, 2006 14:18 - à: Nulle part
Ya une sacrée différence entre avoir un moteur client et exploiter le chassis a l'identique + le moteur .
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jojo la patate - Modérateur

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Jeu Jan 26, 2006 14:18 - à: Nulle part
encore daccord avec jojo, si spyker devance ferrari au championat ce sera grace a leur chassis et ca c'est valorisant idem avec red bull et renault cependant si les aguri devancent les honda cela viendra énormément du fait que honda aura loupé sa monoplace actuelle et non du fait que aguri aura fait un super boulot sur leur chassis! je trouve que la démarche n'est pas du tout la meme! dailleurs on se demande bien pourquoi ces équipes existent ils ne font que copier quelque chose qui existe déja!
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Maitre gerbe - Pilote d'essai

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Sam Juin 18, 2005 17:27 - à: Lille
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